Samedi, 18 novembre 2017
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Accueil » F.A.Q. » Il y a des erreurs doctrinales dans les messages
Vassula pan-chrétienne ? (Per Paul Ekström, Licencié en Théologie)
« Voilà la différence fondamentale
entre les efforts pan-chrétiens des non-catholiques du début de ce siècle
et le contenu des messages reçus par Madame Rydén »

On remarque une différence notable entre la version anglaise de la Notification et celle en langue française. Dans le texte anglais, le quatrième alinéa du document finit par les mots : « ... a kind of pan-Christian community, contrary to Catholic doctrine.[1] » La version française par contre traduit : « ... une sorte de communauté pan-chrétienne, en opposition avec la doctrine chrétienne. » ; « Catholic doctrine » et « doctrine chrétienne », ce n’est pas la même chose ! Le texte en langue italienne[2] (version originale ?) dit : « una specie di communità pan-cristiana, in contrasto con la dottrina cattolica[3] ». « La dottrina cattolica » est, en bon français, « la doctrine catholique » et rien d’autre. En lisant la version officielle française on a l’impression que le document voudrait insinuer que Madame Vassula Rydén ne serait même pas chrétienne !

Le contexte où se trouve ce vocable « pan-chrétien » montre bien qu’il s’agit d’un point de doctrine catholique, d’une question où la doctrine est en cause. Le seul texte doctrinal et magistériel que je connais, où l’on rencontre le mot « pan-chrétien » (« panchristiani »), c’est à deux reprises dans l’encyclique de Pie XI Mortalium animos du début de l’année 1928 (AAS 20 [1928] pp. 7 et 12. Cette encyclique est en quelque sorte la réponse de l’Église catholique aux Conférences mondiales de Stockholm (1925 : Life and Work) et de Lausanne (1927 : Faith and Order). Le reproche fondamental de l’encyclique est l’illusion de vouloir réaliser l’unité chrétienne en excluant la question de la vérité, la vraie foi et la vérité sur l’unique Église du Christ, una et unica Dei Ecclesia (cf UR 3)[4].

Or, les messages reçus par Madame Rydén - que j’ai tous lus attentivement - demandent et prédisent l’unité des Églises sous et autour du Pape, dans la plénitude de la foi orthodoxe, catholique et apostolique (cf. le Canon Romain de la Sainte Messe : "una cum Papa nostro Ioanne Paulo... et omnibus orthodoxis, atque catholicae, et apostolicae fidei cultoribus"). Voilà la différence fondamentale entre les efforts pan-chrétiens des non-catholiques du début de ce siècle et le contenu des messages reçus par Madame Rydén, qui préconisent un œcuménisme de « maximum » et non de « minimum ».

L’Archevêque luthérien suédois Söderblom, sur l’initiative duquel la Conférence de Stockholm de 1925 a eu lieu, était parmi les premiers à utiliser le vocable « œcuménique » dans le sens moderne de "activitates ad Christianorum unitatem fovendam »[5] (UR 4). Ce nouvel usage d’une notion très ancienne, a de nos jours été accepté (cela est encore l’ancien usage du mot) par le Concile Œcuménique Vatican II (cf. Décr. de Oecumenismo Unitatis redintegratio [UR] : "Motus œcumenicus"[6] [art. 3, 41, "actio œcumenica"[7] [art. 4]). Du temps de l’encyclique Mortalium animos, le Magistère ne voulait pas, pour désigner le travail pour l’union des Églises, utiliser le vocable "œcuménique", "œcuménisme" qui avait un autre sens, ancien, établi et reçu. Pour l’auteur de l’encyclique de 1928, l’expression « pan- chrétien » était synonyme de « œcuménique » dans le nouveau sens du Dr Söderblom. La qualification de « pan-chrétien » avait en outre une note nettement péjorative dans la bouche et la plume du Pape Pie XI, et cela de bonne raison, car ce pontife intrépide entendait réfuter une idée de pan-christianisme en opposition et contradiction avec la doctrine catholique de vera unitate Ecclesia.

Voilà pourquoi l’expression « communauté pan-chrétienne » (« communità pan-cristiana ») dans la récente Notification saute aux yeux. Pourquoi son rédacteur a-t-il utilisé ce vocable, tombé en désuétude depuis si longtemps ?

A plusieurs reprises, les messages reçus par Madame Rydén mettent en garde contre un faux œcuménisme. Cette expression correspond au sens que Mortalium animos donne à l’idée pan-chrétienne de l’époque.

Per Paul Ekström[8], Licencié en Théologie,
Docteur ès Lettres honoris causa,
S-380 62 Mörbylånga, Suède,
6 novembre 1995

[1] « ... une sorte de communauté pan-chrétienne, contraire à la doctrine catholique. »

[2] (Salle de presse du Saint-Siège, bulletin n°394 du 23.10.95 et Osservatore Romano des 23-24 octobre 1995).

[3] « une espèce de communauté pan-chrétienne, en contraste avec la doctrine catholique. »

[4] \"Seule et unique Eglise de Dieu\" (Décret de Vatican II sur l’œcuménisme Unitatis Redintegratio (UR), 21 novembre 1964, § 3).

[5] \"...en faveur de l’unité des Chrétiens\"

[6] \"Mouvement oecuménique\"

[7] \"l\’action oecuménique\"

[8] M. P. P. Ekström a rédigé ce texte en français

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