Dimanche, 26 mai 2019
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Chapitre 7 - La poésie ou l'empreinte du Maître
 
« La beauté est l ‘éternité qui se regarde dans un miroir. » Kalil Gibran.


I. Le langage de l’Orient

Tu es Ma fleur fragile, que Je forme en te faisant puiser de Ma Force pour que tu puisses grandir, Vassula.
Je recevrai ton offrande, comme on reçoit des colliers de gardénias.
Alors, Ma bien-aimée, Je t’aurais couronnée d’une guirlande des fleurs les plus odorantes, chacun de leurs pétales représentant une vertu(…)

Le style « fleuri » de La Vraie Vie en Dieu n’engendre pas, nous l’avons constaté, que des admirateurs. Des lecteurs occidentaux se disent déroutés par cette poésie riche en hyperboles, poésie qu’ils qualifient d’exotique et qui leur paraît, en raison de son exubérance, une faute de goût, bien que cette exubérance verbale soit un des miroirs de l’Amour de Dieu :

Je t’ai, par Mon Amour exubérant, comme je t’ai inspiré de l’appeler, offert des dons gratuits en abondance…

d’autres expriment leur réticence à l’égard d’une manière de s’exprimer trop métaphorique et, surtout, trop suggestive :

Et tu M’as étreint et tu M’as tenu ferme contre ta joue, ne voulant pas Me laisser aller, mais Moi aussi, J’avais trouvé Mes plates-bandes d’épices, plates-bandes délicatement parfumées.

enfin plus rarement, des personnes, qui n’auraient pas lu Le Cantique des cantiques, sont choquées par quelques poèmes en prose qu’elles taxent imprudemment de propos scabreux.

J’ai alors posé un baiser sur ces lèvres…
Moi, ton Roi, Je Me reposerai dans tes bras, savourant chaque goutte de ton amour…

L’Auteur de La Vraie Vie en Dieu, c’est indéniable, parle, à de certains moments, comme un Oriental !
Et il n’y a pas à s’en étonner !
La Vraie Vie en Dieu, est la rencontre de deux Orientaux. Vassula est de nationalité grecque, elle est née en Egypte. Par leur culture, ces deux-là sont accoutumés aux mêmes manières de s’exprimer, « fleuries » ou plus exactement métaphoriques et symboliques ; et ils partagent, depuis fort longtemps, ce même langage auquel les Occidentaux glacés ne sont plus accoutumés ! Le Christ, Oriental, parle en Oriental : Il utilise les images de la Bible, avec ses hébraïsmes. Comme l’a magistralement démontré sœur Séraphine, dans son article « Une pensée hébraïque reconnaissable », on voit mal comment Vassula, qui n’a jamais étudié l’hébreu, pourrait « citer les expressions hébraïques correctes » directement traduites de l’Ancien Testament que seuls les spécialistes connaissent et reconnaissent ! Car le Christ est un juif oriental, ce dont La Vraie Vie en Dieu témoigne aussi inépuisablement.
La Vraie Vie en Dieu n’est pas, non plus, le Coran ! La Vraie Vie en Dieu ne descend pas du Ciel ; elle n’est pas dictée, une fois pour toute, par un ange Gabriel qui serait apparu à Vassula, laquelle n’aurait plus qu’à noter, sans retrancher ni rajouter un mot, sous peine de mort. Tel n’est pas un charisme chrétien.

La Vraie Vie en Dieu est la collaboration de Jésus et de Vassula. Ils travaillent ensemble. « Ensemble » est un mot essentiel. Dieu Se sert de Vassula. C’est, d’abord, par le corps que passe le message de La Vraie Vie en Dieu. Vassula ressent, Vassula voit, Vassula entend, et Vassula écrit à genoux ; elle est un centre de réception, et de ce fait, aussi, sujette aux brouillages. Elle subit ses états physique et/ou psychique. Elle prend en dictée avec sa force et ses faiblesses. Le charisme d’un prophète n’est pas un gage de perfection, ce que tant de personnes, même chrétiennes, ont tellement de mal à comprendre ! Ainsi, en prenant en notes La Vraie Vie en Dieu), Vassula commet-elle, par exemple, des erreurs d’orthographe. Mais ce ne sont pas les erreurs du Christ. Ce sont, lui dit Celui-Ci, celles de Vassula qui ne maîtrise pas toute l’orthographe anglaise. Redisons-le : dans un charisme chrétien, Dieu choisit de collaborer avec Sa créature. Il ne Se met pas à Sa place, si bien qu’il reste un espace pour la foi. Le Christ est le Dieu de l’incarnation. Le Christ adopte l’esprit et le corps de son prophète. Il prend l’homme dans toute son humanité, et l’homme est à la fois esprit et matière. Il n’y a, par conséquent, pas à s’étonner que La Vraie Vie en Dieu, porte l’origine du langage de l’Un et de l’autre des deux I(i)nterlocuteurs.
Ajoutons que Vassula est, du fait d’être Orientale, également, Orthodoxe. L’orthodoxie fait partie de l’Orient. La poésie orientale de La Vraie Vie en Dieu, prend donc sa source à la rencontre de (C)ces deux Orientaux qui conversent ensemble. Et le plus extraordinaire est que le Christ, comme s’Il lui restituait son identité profonde, enseigne à Vassula à s’exprimer à la manière de l’Orientale qu’elle est et dont, au début de son charisme, du moins, elle ignorait tout de la grande beauté. Car c’est en usant de ce langage qu’Il veut être par elle glorifié, si bien que, dès les origines, Il lui apprend à écrire des poèmes à Sa Gloire, « exubérants » ! Et d’année en année, Vassula progressera.
Est-ce à dire que si Vassula avait appartenu à une autre culture, la manière de parler du Christ eût été différente ? Qui sait ? Au XXème siècle, le Christ parle aussi à sainte Faustine : son style, dans Le Petit Journal, quoique très pur, est plus sobre que celui de La Vraie Vie en Dieu.À sainte Faustine, Jésus S’adresse à une Catholique, non pas à une Orthodoxe. Il adapte Sa manière de parler à la créature qui lui fait face. Ce qui est frappant, c’est que le Christ adopte le style et le langage du monde auquel s’identifie Son interlocuteur/trice, je devrais dire Son prophète. Ne nous en étonnons pas. Notre Dieu S’est incarné. Le langage humain est une dimension extrêmement élevée de notre condition humaine. Le Christ est appelé le Verbe fait chair. Il parle le langage de l’Orient, parce qu’il a choisi une Orientale !

*


De tant de savoir-faire littéraire et poétique mis en oeuvre par son Auteur, n’êtes-vous pas étonnés, lecteurs de La Vraie Vie en Dieu ? Et plus encore, ne vous étonnez-vous pas que tant de prêtres n’y reconnaissent pas la manière de Dieu de parler à Son peuple ? Mais vous demandez-vous, peut-être dubitatif(s), pour peu qu’il vous prenne fantaisie d’imputer à Vassula l’incompréhensible création de La Vraie Vie en Dieu ne sachant quelle autre origine lui trouver : « Où cette femme a-t-elle donc pu apprendre à écrire, elle qui aimait à peindre, à jouer au tennis et à participer aux défilés de mode ? » Et vous vous répondez (il faut bien vous rassurer !) : « Toute cette science, il est vrai, elle a bien pu l’apprendre sur le tard, tout en écrivant La Vraie Vie en Dieu. »
Et vous n’en croyez pas un mot, dites, un seul instant ?...

*


Si Vassula avait été savante, avant que d’avoir publié les premiers cahiers de La Vraie Vie en Dieu, le fait, n’est-ce pas ? n’eût pas manqué d’être connu et de se répandre, tant il lui portait préjudice et tant ses adversaires, qui tournoient autour d’elle, pareils à des vautours faméliques, sont avides de la prendre en défaut, prêts à fondre sur elle pour la mettre en pièces, elle et son honneur. De même, le mari de Vassula, ses enfants, ses soeurs, sa cousine, est-il raisonnable de supposer qu’ils auraient accepté de se faire ses complices, s’ils avaient appris que Vassula est un faussaire de Dieu ? Si une partie de sa famille n’a pas reconnu son charisme, en revanche, aucun des siens ne l’a accusée d’imposture ou de supercherie.

*


Gens d’Eglise, gens intelligents et cultivés, habiles diplomates, La Vraie Vie en Dieu a valu à Vassula deux aigrelettes notifications. Nulle part n’y est fait mention de la beauté poétique de La Vraie Vie en Dieu, du style majestueux et poétique de Son Auteur…
Pourquoi ?

*


II) Des mots qui flétrissent et mortifient

Les images de La Vraie Vie en Dieune sont pas seulement orientales. Elles sont mortifiantes. L’autre caractéristique de cette œuvre est sa sévérité.

La Vraie Vie en Dieu a de quoi effrayer ceux qui se rendent sourds aux appels de Son Auteur. Le Christ Poète n’a pas de mots assez durs pour « les cœurs éclipsés », qui rejettent La Vraie Vie en Dieu et tentent, par toutes sortes de procédés déloyaux, de s’y opposer :

Leur traitement sévère envers toi ne t’affectera pas. Mon Message a été révélé à Mes saints et à ceux avec un cœur d’enfant. La Sagesse s’effarouche des sages et des érudits mais tous ceux qui ont levé l’épée contre toi périront par l’épée. Mes Paroles n’ont pas trouvé demeure en eux, non, parce que l’amour manque... docteurs de la loi se nomment-ils eux-mêmes... quelle loi ? la Mienne ou la leur ?

Mots bibliques, mots effrayants, pour vous qui avez levé l’épée et périrez par l’épée, vous qui, depuis vingt ans, n’êtes parvenus à convertir ni vos cœurs ni le monde.
Effrayants à entendre, mots inoubliables ! Celui Qui les prononce a le don de morfondre. Aussi est-Il combattu par vous avec cet acharnement...

Ma parole prononcée fracasse ; comme un marteau, elle s’abat sur les cœurs endurcis, les fracassant.

Plus d’un poète a rêvé du pouvoir de ces mots. Mots d’un Poète, mots marteaux… Imprimer une image fulgurante, frappée, telle une médaille, sur l’esprit d’incrédulité, voilà le pouvoir de ces mots...
Ces mots-ci :

La méchanceté et l’athéisme, la soif de pouvoir et le rationalisme sont portés comme une chevalière par ces hommes.
Lorsque viendra Mon Jour, le soleil deviendra aussi noir que du crin ; la lune s’embrasera et les fondations mêmes de la terre seront secouées et, comme des entrailles jaillissant d’un abdomen, la terre vomira ses démons.

Ou ces mot-là :

Priez pour ces prêtres qui sont dispersés, qu’ils retournent au Bercail, le seul et unique Bercail de Pierre. Priez pour qu’ils puissent s’unir avec sincérité. Priez pour la paix et pour ces enfants qui ne sont pas réconciliés avec Dieu. Priez pour ces faux royaumes, ces royaumes flottants, pour qu’ils puissent comprendre combien ils sont dans l’erreur.

Cette chevalière, ce soleil noir, la terre vomissante, les royaumes flottants, vous les voyez… Vous en faites l’expérience : chacun de ces mots suscite en vous une vision. Si nous sommes bien disposé(s), elle bouleverse notre affectivité ; mal disposé(s), elle suscite la malveillance, allume la colère, renforce les préventions. Les mots deviennent images et les images "marteaux". Armes à mots, qui détruisent le mensonge et l’hypocrisie !... Ces images apposent leur sceau brûlant sur les cœurs enflammés. Pour leur conférer ce pouvoir de « comète verbale », - d’illumination tout intérieure - l’Auteur de La Vraie Vie en Dieu les a tressés, après en avoir évalué la résonance et la portée sur la toile de l’esprit naturellement porté à l’incrédulité.
L’art de dire, pourvu qu’il soit art du "bien dire", nous édifie, mais peut exaspérer plus que le dit lui-même. Jésus sait dire !
Quand la Vierge Marie, pour évoquer Ses prêtres, parle d’eux comme de "royaumes flottants", paraphrasant Son Fils ; quand le Christ dit que Ses ennemis veulent piétiner son Sanctuaire…

...comme la boue des rues.

quand le Christ dit de Ses ennemis que

(…) la maladie dévorera leur chair et (que) les vers seront leur couverture.

soit Il éclaire nos cœurs, nous incite à rentrer en nous-mêmes ; soit Il déplaît, morfond, irrite davantage. « Ces mots-là s’adressent à moi ! » Mais ce qui me déplaît, me morfond, m’exaspère, m’irrite par-dessus tout, ce n’est pas l’accusation elle-même que je connais par cœur, depuis que l’Eglise est l’Eglise (n’était-elle pas déjà l’accusation que Jésus adressait à Ses prêtres pharisiens ?) ; c’est que l’accusation risque de m’enfermer dans une formule indélébile, si je ne me convertis pas !
Ainsi Vassula inspirée par l’Esprit-Saint écrit-elle :

Comme les fantômes d’un rêve de minuit, ils s’interrogent (...)

"Fantôme d’un rêve de minuit" est l’une de ces formulations susceptible de me mortifier et de me laisser quinaud. Et le Christ m’y montre m’interroger en vain, sans pour autant m’en expliquer la cause, qui n’a de cesse, pourtant, de s’attester, mais cela ne m’aide pas à m’amender. Qu’est-ce donc qu’un fantôme, sinon rien (esprits errants et sans patrie dont les théologiens nient jusqu’à l’existence). À plus forte raison, qu’est-ce que le fantôme d’un rêve ? Encore moins que rien, un rêve n’étant que le fantôme du vrai... Et que dire du fantôme d’un rêve... quand il est de minuit ! Minuit est, dans les contes, la dernière limite avant le coup d’envoi d’une nouvelle espérance (qui comprend heureusement douze coups). À ces "fantômes", le Christ veut-Il montrer l’étendue, ainsi que la profondeur, de leur inconsistance ; que leur temps est compté (avant le coup ultime de minuit sonnant) ; que leur inconsistance inégalée est elle-même vouée à disparaître ?...
Image à la fois effrayante et belle…

Dans son ouvrage La Rhétorique, Olivier Reboul explique que la redoutable efficacité du principe de fermeture - l’un des trois principes de la rhétorique - consiste à rendre « irremplaçable et sans réplique » toute nouvelle formule destinée à flétrir l’orgueil ou la réputation d’autrui. La formule tombe si juste qu’elle devient inoubliable, et l’on s’étonne soi-même de ne pas l’avoir rencontrée plus tôt…
Cette phrase, par exemple, nullement polémique, est d’une évidence et d’une simplicité telles que, pourtant, aucun poète n’y avait encore pensé !

J’avance comme les nuages au-dessus de vous.

À quoi tient l’inédite simplicité de cette image ? Utilisant la comparaison et l’analogie, le Poète joue sur les sens propre et figuré.
- Car comme Dieu, les nuages habitent le ciel, bien que Dieu n’habite pas le même Ciel/ciel qu’eux.
- Comme les nuages, Dieu est insaisissable et comme eux, parfois, Il descend sur terre et Se montre aux hommes, avant de disparaître sans faire plus de bruit qu’eux, quand l’un de ces amas de coton s’évapore.
- Dieu est semblable aux nuages qui viennent et passent : on ne sait d’où Il vient, on ne sait où il va. « Le vent souffle où il veut... »
- Et comme les nuages qui apportent la pluie, Dieu fait pleuvoir sur l’homme la vie en abondance.
Blancs, gris, roses, parfois orangés, blocs de marbre aérien nimbés de la lumière du monde, changeante et quelquefois incomparable, (quelle est leur vraie couleur, d’ailleurs ?) les nuages ont beau, au milieu d’une page de La Vraie Vie en Dieu se figer pour représenter Jésus, peut-être, parce que, pareils au Fils de Dieu, ils demeurent mystérieux, ils sont visibles, quoique immatériels, réels, quoique impalpables, proches, quoique inaccessibles, et d’une beauté insaisissable qui laisse inapaisé quiconque s’arrête à les contempler ; figés sur la page et, dans le ciel, toujours mobiles.
Ils incrustent tout l’azur du ciel !
Ils n’ont pas d’âge ; ce ne sont jamais les mêmes et pourtant ils sont toujours là, car sans cesse ils se renouvellent. Personne ne les gouverne ; aucune frontière ne les arrête, et rien, nul être, fût-il le prince de ce monde, ne les empêchera jamais d’aller là où le Vent d’Esprit a décidé qu’ils aillent… Insaisissables nuages !

Ces mots sont le rappel de la valeur des trésors spirituels naguère échangés contre de la monnaie de singe par ceux que Christ appelle les "marchands" ; de telle sorte que l’accusation qui les flétrit est retournée contre Vassula, à son tour traitée de faussaire et de faux-monnayeur, tant les marchands redoutent de voir l’accusation exposée au soleil de la Vérité. Les marchands le pressentent, et sans doute le redoutent-ils : ils ont affaire à un Poète, et à un Poète Qui les connaît ; dont, mauvaise foi aidant, ils se persuadent qu’ils ignorent tout, dont tout est à ignorer.
« Mais Qui peut-Il être, Celui qui écrit La Vraie Vie en Dieu, s’Il n’est pas Celui que Lui prétend être ? »
Ils ont décidé qu’Il n’est pas Jésus.
« Mais Qui peut-Il être, s’Il n’est pas, non plus, Vassula ?
- Il n’est personne et La Vraie Vie en Dieu n’existe pas !... »

Pourtant, le Christ fait-Il mystère de Ses dons ? À toutes les époques, on a essayé, en vain, de Lui fermer la Bouche.
« Malgré l’expérience des siècles antérieurs, nous ne capitulerons pas, en dépit des métaphores qui annoncent notre chute si nous ne nous repentons pas. Et bien que nous sachions quel reproche nous encourons ; bien que nous voyions par avance, au travers de ces mortifiants poèmes, notre mémoire piétinée et couverte d’opprobre, en raison de notre opiniâtre et orgueilleuse incrédulité - tragédie, en vérité, que notre vie ! - nous ne nous repentons pas et nous nous en exaspérons davantage ! »

Il est tellement insupportable de se savoir enfermés dans l’impossible choix ou de rejeter La Vraie Vie en Dieu (quand rejeter signifie la combattre) ou de l’accepter comme une oeuvre providentielle et d’obéir (unir les dates de Pâques) que l’on persévère dans son erreur et regimbe contre un aiguillon.
Comment ne pas voir dans cette résistance la justification de sa condamnation ?

Si Vassula parut dangereuse, n’est-ce pas parce qu’elle était chargée de promouvoir un livre dont une partie du message dénonçait le péché, en un style si majestueux, si noble et si persuasif, que, au génie de Son Auteur, dans l’ignorance duquel les marchands ne pouvaient plus prétendre être installés à leur insu, il leur fallait se rallier ou tout perdre ?
Aussi, pour éclatante qu’elle soit, aucun des critiques parmi eux ne fit-il mention de la beauté littéraire et poétique de La Vraie Vie en Dieu !

*


À lire et à relire La Vraie Vie en Dieu l’on se demande si ceux qui n’ont pas loué le style de cette œuvre, se sont tus volontairement, pour empêcher la Beauté de témoigner. Fut-ce par peur d’authentifier la Signature divine de La Vraie Vie en Dieu ? En la disqualifiant, des hommes et des femmes, par toutes sortes de manœuvres déloyales, essayèrent d’entraver l’essor de La Vraie Vie en Dieu. Mais dès lors qu’ils en auraient éprouvé la valeur littéraire, comment en nier la provenance divine !

*


III) L’humour divin

L’humour est l’un des principes unificateurs de La Vraie Vie en Dieu ; il lui confère l’inimitable "vernis" dont Proust parlait dans sa célèbre lettre à Anna de Noailles, que nous avons citée en amont, au sujet des grandes œuvres littéraires.

L’humour ne se confond pas avec l’ironie.

Je ne parle pas avec des formulations rigides ; ce n’est pas de cette manière que Je fais les Saints et les Martyrs. Ma douce conversation avec toi est vertu et religion. J’adresse Mes Odes sans épée à Mon côté.
J’entends, en ces derniers jours, mener cette ère méchante avec des rênes de gentillesse, des brides d’amour (…)

L’humour allège nos fardeaux humains ; l’humour rassure ; l’humour détend. L’humour instaure entre Dieu et nous une relation intime et familière !

Comment est-ce d’être lavé dans Mes eaux lustrales (…) ?

Tel un médecin qui, après tant de soins prodigués avec amour, demande à son patient en convalescence, un peu trop taciturne à son goût, s’il est content d’être guéri, Jésus tente d’obtenir de Sa secrétaire messagère, un petit compliment, au moins, un petit remerciement qui, décidément, tarderait à venir… Si la question fait sourire, c’est que Jésus en connaît déjà la réponse. Question inutile ? Coquetterie divine ? Non. La question, bientôt, engendre un long et magnifique poème ! Vassula, se ravisant, exprime, enfin, sa gratitude ! Sans vouloir l’obliger, le Seigneur désirait entendre Sa choisie s’émerveiller de toutes Ses grâces. Il a su le lui suggérer, avec délicatesse, en respectant sa liberté.
La question était nécessaire, pour abolir la distance infinie entre Dieu et Sa servante. Il Lui a suffi d’user d’un peu d’humour…
Dans ces contextes qui résonnent de Son « humeur » si particulière, le Maître Qui parle à Vassula et à chacun(e) d’entre nous, aussi, S’adresse moins à Sa servante ou à Son serviteur, qu’à S(a)on désormais ami(e).
L’humour est le garant de la conversation intime… Conversation intime, c’est ainsi que Dieu définit aussi La Vraie Vie en Dieu.

*


Dans cette autre image, à la résonance toute biblique, le Seigneur transforme Sa Parole en rayon de miel ; Jésus Se transforme en une sorte d’oiseau qui donnerait la becquée :

J’adresse Mes Odes sans épée à Mon côté mais avec du miel sous Ma langue. Odes de la Sainte Trinité.

Humour, humilité, délicatesse et profondeur de la formulation ! Dieu S’envisage sous la forme d’un oiseau, en raison, nous pouvons le supposer, de l’analogie entre l’oiseau nourrissant ses petits par le bec et la Parole du Verbe nourricière et douce comme le miel qui sort de Sa Bouche divine. Le motif de l’oiseau n’a rien d’étonnant. Jésus fut comparé jadis à un pélican qui, à Ses petits, donne Son propre Cœur Divin à manger, motif représenté en de nombreuses églises.

*


Et de ce petit échange, comment ne pas savourer l’humour ? :

Vassula, c’est Moi Jésus, ton Sauveur. As-tu faim ?
En fait, oui, Jésus, en ce moment j’ai faim.
Aie toujours faim, aie faim de Mon Pain. Viens, Mon Pain est gratuit et quand tu Me mangeras, tu seras rassasiée.
Jésus, je parlais du pain terrestre !
Je sais, Vassula, mais lequel préférerais-tu avoir ?
Les deux, Jésus.
Ton pain ne te satisfera qu’un moment seulement, mais en mangeant Mon Pain, tu seras rassasiée. Quiconque mangera de Mon Pain vivra pour toujours. Je te nourrirai, Vassula.
Jésus, je T’aime.
O Ma fille, comme Je soupire d’entendre ces mots de chaque lèvre ! "Jésus, je T’aime !" Veux-tu sentir Mon Cœur ? Regarde-Moi, Je suis en face de toi.

L’humour découle du léger malentendu :
Aie toujours faim, aie faim de Mon Pain. Viens, Mon Pain est gratuit et quand tu Me mangeras, tu seras rassasiée.

Dans ce texte à la tonalité naïve, mais mièvre en aucune façon - comme certains l’ont prétendu, dit, écrit, faute d’un peu de réflexion et, peut-être aussi, de sensibilité - il est question de la nature du pain ! Est-il mièvre de parler du Pain de Dieu Qui ne Se confond pas avec le pain terrestre ? Qui, lorsqu’il prononce ces mots du Notre-Père :

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,

ne s’est jamais demandé de quel pain il s’agit ?

1) Ce jour-là, Vassula a faim…
Peut-être cet enseignement est-il justement trop sérieux ou trop grave pour ne pas mériter ce contexte détendu ! L’humour ouvre des portes verrouillées ! Et la réussite de cet échange tient, précisément, à la situation choisie par Jésus pour poser Ses questions. Oui, Vassula a faim ! À cette heure du jour, Jésus n’ignore pas Se confronter à une Vassula plus « terrestre » que jamais, mais drôle, et n’est-ce pas cela l’essentiel, qu’elle nous fasse sourire ? Jésus veut-Il rendre plaisant Son enseignement, en ménageant une sorte d’équilibre entre la gravité du sujet qu’Il développera, avec sérieux et dignité, et la quasi-indisponibilité - comique ! - d’une Vassula exclusivement centrée sur sa faim ?
D’abord, la réponse de Vassula à Jésus, à la fois naïve et drôle, prête irrésistiblement à sourire :

Jésus, je parlais du pain terrestre !

Jésus, Lui, naturellement, commence par parler du Pain divin (Il emploie Pain au sens figuré et spirituel).
Pour lui répondre, Vassula, affamée, se cantonne dans un registre prosaïque et littéral. Elle parle du pain terrestre ! Elle est empêchée par la faim de comprendre que le Christ ne parle pas de ce pain-là ! Elle n’accède pas au degré spirituel des propos du Seigneur. Notons-le, si l’humour naît de Vassula, si c’est effectivement Vassula qui est drôle (parce que nous nous identifions à elle), c’est néanmoins avec le consentement et peut-être même la complicité de Jésus, Lequel n’a pas mal choisi Son moment pour que Vassula nous fasse rire ou sourire !
Dans ce contexte théologique, l’humour confère à ce dialogue une tonalité détendue, pour le moins originale !
De plus, que le Christ reçoive la réponse de Vassula, non seulement sans sourciller, mais avec patience et charité, en disant :

Je sais, Vassula(…)

serait admirable si Vassula avait écrit ce texte. En littérature, lorsqu’un écrivain traite d’un sujet sérieux, tel que celui-ci, le difficile, pour lui, consiste à garder la simplicité, la légèreté et pourquoi pas l’humour. Or l’une des beautés de La Vraie Vie en Dieu est assurément de savoir parler, avec humour et légèreté, de matières profondes et graves, comme cet extrait en est l’émouvant témoignage.
Le Christ rappelle d’importantes vérités, face à une enfant spontanée, sincère et naïve. La sincérité naïve de Vassula fait sourire. (Et peut-être le Christ aussi en sourit-Il.)

2) La seconde réponse de Vassula, qui prouve décidément à quel point elle a faim, n’en est pas moins drôle :

>Je sais, Vassula, mais lequel préférerais-tu avoir ?
Les deux, Jésus.

Et cette sincérité pleine de bon sens, j’ose l’imaginer, fait sourire Jésus, Qui pour autant ne suspend pas Son enseignement.
C’est du contraste entre un Jésus impassible, mais compréhensif et patient (et sans nul doute complice), et une Vassula tout affamée que découle l’humour irrésistible et singulier de cette petite scène inoubliable. Vassula, d’ailleurs, consciente de n’être sans doute pas suffisamment à l‘écoute du Seigneur, essaie, semble-t-il, de se rattraper et prononce les mots que le Christ attendait :

Jésus, je T’aime.

3) Le Christ relève soigneusement ces trois mots et les commente passionnément. À quel point Il est attentif et sensible à nos moindres propos, surtout lorsqu’il s’agit d’amour ! Est-ce parce que cette théologie se met - enfin - à la portée de tous les enfants de Dieu, débarrassée de son indigeste jargon, que certains des pédants se révoltent ? Je n’ose l’imaginer.

*


IV) La manière propre au Seigneur de parler

Enfin, que dire de ces tournures qui caractérisent certaines de Ses répliques ? Elles se reconnaissent entre toutes. C’est une manière toute biblique de parler. Mais, de l’avis de spécialistes, ces tournures, semble-t-il, ne se trouvent pas toutes dans la Bible.
Elles sonnent néanmoins juste, pour inattendues qu’elles soient !
Au lieu de dire platement, voire banalement : "Tu vas trop vite, Vassula", ou même "Tu brûles les étapes, Vassula", l’Auteur de La Vraie Vie en Dieu préfère dire :

Tu es maintenant un pas en avant de Moi.
Ah ! Vassula, ne cours pas devant Moi.

Un Poète parle avec poésie et majesté ! Il n’emploie pas d’expressions galvaudées.

La pauvreté est à ton coude

Tournure originale, expressive, rajeunie, pour dire à cette génération jusqu’à quel point elle est plongée dans la misère.
Et celle-ci :

Tu es maintenant un pas en avant de Moi.

L’image du pas ou de la course a une résonance, certes, biblique : elle fait écho à la phrase de l’Evangile selon saint Matthieu, mais ne fait-elle que s’en inspirer ?

"Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il marche derrière moi." Matthieu 16, 21-27.

Jésus ne rappelle-t-Il pas qu’il est vain de chercher à Le dépasser ?

Vassula, ne regarde pas par-dessus Mon épaule ce qui doit venir.

Cette parole-là, non plus, n’est pas banale ! « Regarder par-dessus l’épaule de quelqu’un » ne s’emploie d’habitude qu’au sens littéral. Le sens devient figuré. « Ne cherche pas à savoir ce qui va arriver. » Est-ce une traduction littérale de l’hébreu ?… Il ne semble pas. L’expression est claire. Il ne faut pas chercher à se hisser au-dessus de Dieu. L’ayant compris, l’on s’étonne, quand même, de ne l’avoir jamais rencontrée avant…
Qui a écrit cela ? Qui, avec une telle clarté, légèreté, alliant force et simplicité (apparente simplicité…), a forgé ces phrases apparemment si lisses, mais au contenu si bouleversant ? Qui, avec un inimitable mélange de douceur et de fermeté, de précision et de clarté, les a aussi nettement ciselées ?

*


V) La mise à l’épreuve

La manière propre au Christ de parler est inimitable, imprévisible. Il n’y a qu’à en faire l’expérience soi-même… Qui ne s’est jamais pris à douter et dit, en lisant La Vraie Vie en Dieu : « Malgré tout, si je me trompais, si c’était Vassula qui écrit ! Voyons, voyons ! À la prochaine question difficile qu’elle Lui pose, je ne lirai pas la réponse de Dieu ; je vais imaginer ce que, Moi, à Sa place, j’aurais répondu... »

Vassula Lui demande :

Jésus, comment peux-Tu me faire confiance ?

Que puis-je imaginer que Jésus lui réponde ?

Je t’aime. En portant Ma Couronne, tu comprendras la moquerie que J’ai subie, car bientôt on se moquera aussi de toi. N’oublie pas : Je souffrirai autant que tu souffriras, car Je suis en toi et toi en Moi. Je Me suis uni à toi, nous sommes un. Viens, maintenant, bien-aimée, nous allons continuer Mes Œuvres. Je te donnerai assez de force jusqu’à la fin.

Ai-je bien lu ? Elle lui demande pourquoi Il l’a choisie, et Il lui parle de Sa Couronne (Sa Couronne… d’épines) ! Serait-ce la réponse d’un faussaire ? Pour ma part, ma première fâcheuse impression est que Jésus ne répond pas à Vassula ou répond à côté… à moins que Jésus, me dis-je, ne veuille que Vassula formule Sa réponse à Sa place. Il désire la faire participer…
Est-ce Vassula qui eût imaginé que la réponse du Christ serait à déduire de Ses propres Paroles ? « Un peu trop subtil, à mon goût !… » Vassula aurait du génie…
Et cette réponse tient en ces mots : "Je te fais confiance, Vassula, dans la mesure, où "portant Ma Couronne", tu seras devenue Moi !" Voilà, je l’avoue, une réponse fort peu commune !
Et que de sous-entendus ! Celui qui a ainsi répondu comptait assurément sur ma participation ! C’est à moi d’en expliciter le sens. D’où Vassula pourrait-elle tenir cette manière toute pédagogique de procéder ? Où aurait-elle appris cette manière de maïeutique ?
"En portant ma Couronne" a de quoi me laisser sur mes gardes, moi lecteur du XXIème siècle… Si j’ai bien compris, pour que Dieu me fasse confiance, je dois Lui ressembler. (Je continue à expliciter !...) Et pour Lui ressembler, je dois porter... Sa Couronne… Sa Couronne d’épines ?... Mazette ! J’ai bien compris !

*


Cette question, par exemple, qui ne se l’est pas mille fois posée ?... Voyons ce qu’Il va lui répondre :

Pourquoi m’as-Tu choisie ? Je ne suis pas bonne et je ne cause que ...


J’attends… J’imagine ma réponse… Je lis…

La misère M’attire. Somme toute, tu n’es rien, rien du tout ! Mais en étant rien, Je suis tout ce que tu n’es pas, car qui ai-Je comme rival ? Je ne trouve pas de rival en toi, puisque tu n’es rien. Tel est Mon délice en toi, Ma fille !

Réponse, cette fois-ci, stupéfiante... qui dépasse, de loin, toutes mes attentes !
D’abord, ce qui est ravissant, c’est cette petite phrase :

Je ne trouve pas de rival en toi, puisque tu n’es rien.

Qu’un néant n’ait pas de rival, voilà une belle évidence, sur laquelle bien sûr, personne ne s’était encore attardé, dans la mesure où personne n’a jamais aimé un néant ! Aimer une nullité, de manière à ne pas avoir de rival, il n’y a que Dieu pour extravaguer de la sorte ! Et traiter sa fiancée de néant, voilà d’une audace inouïe !... Quelle fiancée, d’ailleurs, peut entendre cela sans s’en offusquer ? Faut-il que Vassula soit de bonne composition ! Reconnaissons-le tout de même, quelle merveilleuse folie ! Qu’est-ce que l’homme face à l’infinité de Dieu, sinon un néant ?

Je ne trouve pas de rival en toi, puisque tu n’es rien.

Cette phrase que je lis et relis m’obsède… Ne serait-elle pas d’un amoureux transi doublé d’un jaloux ?... mais d’un jaloux d’un genre inédit, qui ne souffre pas et ne fait pas souffrir ! C’est toute la différence entre Jésus et l’homme, entre Jésus et Charles Swann, par exemple, héros proustien, qui aurait pu souhaiter qu’Odette fût un "néant" pour la posséder entièrement ! Mais Swann ne l’aurait plus aimée, tandis que Jésus n’attend pas, contrairement à Swann, que le regard des autres donne du prix à Odette pour Se mettre à nouveau à l’aimer sans mesure : Il n’a jamais cessé de l’aimer.
Je me souviens de René Girard ! Le Christ, d’après cet anthropologue, vient abolir la loi fatale du désir mimétique. Si j’en crois l’auteur de Mensonge romantique, vérité romanesque, l’amour humain, quand il n’a pas été purifié par le feu divin, ne subsiste qu’à la condition que l’objet aimé soit désiré par une ou un rival(e), de telle sorte que celle ou celui qui aime ne peut plus se passer d’être jaloux(se) et fatalement malheureux(se). En raison de cette loi amère, aimer, c’est subir l’indispensable jalousie qui donne du prix à l’être aimé ! Le désir qui a besoin d’un tiers pour se maintenir est donc « triangulaire », c’est-à-dire emprunté, et par conséquent infernal, source d’une souffrance insupportable, sinon il dégénère et se transforme en cruelle indifférence et l’amour n’est plus. Le Christ, en affirmant aimer Vassula pour elle-même, parce qu’elle n’a aucun rival, en raison même de son inégalable nullité, abolit la loi maudite du désir mimétique, laquelle, selon René Girard, découle du péché originel. Le Christ dans une phrase telle que celle-ci :

Je ne trouve pas de rival en toi, puisque tu n’es rien.

y met un terme et révèle de l’Amour la véritable essence. Vassula aurait-elle lu René Girard ? René Girard pense, en effet, que prendre conscience de l’existence du désir mimétique, c’est commencer à se convertir, parce que c’est s’humilier, en consentant à reconnaître que nous ne désirons rien par nous-même, mais par autrui qui confère à l’objet que nous prétendons convoiter le faux prix que nous pensions être le seul à pouvoir lui donner. Le Christ renverse cet effroyable mécanisme et montre à l’homme, notamment dans ce passage, que l’amour est pure gratuité et que la plus misérable créature humaine est d’autant plus aimée de Dieu qu’elle n’est pas convoitée par ses semblables. Non, Vassula n’a pas pu imaginer la réponse de Jésus…

*


Et cette autre question, qui ne se l’est jamais posée ? Vassula confie à Jésus :

Jésus, une amie m’a dit : "On ne voit jamais Jésus heureux, ni avec un grand sourire sur les images qui Le représentent, pourquoi ?"
Je lui ai répondu que je T’ai souvent vu heureux et je ne peux pas oublier le grand sourire que Tu m’as fait ce matin, quand Tu m’as dit que Tu T’étais reposé dans mon cœur. Tout Ton Visage souriait.


Vassula, Je souris dans les âmes pures. Je souris et Je Me délecte dans les hommes humbles, Je Me délecte dans les hommes saints.

Vassula, Je souris dans les âmes pures

Cette phrase me laisse songeur...
Je ne m’attendais pas à une telle réponse, je l’avoue. J’attendais :... "Mais si, Vassula, je souris !" ou : "Comment puis-je sourire, Vassula, quand je vois le monde ?..." Or pour énigmatique qu’elle demeure, la réponse de Jésus est tout de même nuancée... Et au fond, qu’est-ce que le sourire de Dieu ? Les mots sont simples. Je ne les entends pas ! Je ne les pénètre pas ! Mais comment n’aimerais-je pas cette confrontation de mon intelligence avec les mots divins ! S’ils ne me résistaient pas, ces mots appartiendraient-ils à Dieu ? Ce qui m’étonnera toujours, c’est que le Christ réponde à Vassula ! et qu’Il ne Se lasse jamais de lui répondre, année après année, même si Sa réponse est quelquefois déconcertante.

*


La manière propre au Christ de S’exprimer se dévoile encore dans cet extrait. Le Seigneur est d’une délicatesse à nulle autre pareille ! Sachons apprécier ce petit dialogue entre Jésus et Vassula. Il en rappelle un autre, plus célèbre, entre saint Jérôme et Jésus. À saint Jérôme, Jésus vient de demander de Lui faire un cadeau. Bien embarrassé, l’homme au lion ne sait comment s’y prendre, tandis que Jésus, les unes après les autres, décline ses offres. "Offre-Moi tes péchés" finit par lui dire naturellement Jésus.
La scène se rejoue-t-elle, quelques siècles plus tard, face à Vassula ? Et la chute de cette anecdote bien connue va-t-elle être : "Offre-Moi tes péchés, Vassula" ? Jésus nous sert-Il un plat réchauffé ? Bref, Vassula est-elle l’auteur de La Vraie Vie en Dieu ?… Voilà qui commence bien :

Seigneur, Tu m’as tant donné que je me sens extrêmement redevable !
As-tu quelque chose à Me donner Vassula ?
J’ai hésité... Que puis-je Lui donner ?
Tu as sûrement un petit quelque chose à Me donner !... Même si tu n’as rien à Me donner, Je t’aime.
Peut-être ai-je quelque chose à Te donner ?
Ne t’es-tu pas toi-même demandé si Je le voulais ou pas ? Je suis Suffisant, Je Me suffis.
Voudrais-Tu quand même que je Te donne quelque chose ?
Oui, Je le voudrais.
Mais alors, quoi que je Te donne sera dérisoire à Tes Yeux !
Pourquoi ?
Parce que Tu es Parfait.
Je le recevrai et, même si cela est mauvais, Je le transformerai en bien ! Je suis la Divinité.
Ai-je alors quelque chose de bon à T’offrir ?
Oui, tu as quelque chose, mais tout ce qui est bon vient de Moi, c’est Moi qui te l’ai donné. Tout ce qui est bon est de Moi. Je suis un peu désappointée. Je ne peux pas Lui faire plaisir.
Alors, je n’ai rien de bon de moi-même à Te donner ?
Non. Je t’ai donné tout ce que tu as et qui est bon.
Peut-être une belle peinture que je peindrais moi-même pour Te l’offrir !
Tes peintures, Vassula ? N’est-ce pas Moi qui t’ai accordé ce don de l’art ? Cela n’est-il pas aussi venu de Moi ?
Mais alors, que puis-je T’offrir ?
De l’amour. Adore-Moi. Adore-Moi. Offre-Moi ta volonté en t’abandonnant à Moi. C’est la plus belle chose que tu puisses M’offrir.
Tu sais, Seigneur, que je T’aime et aussi que je me suis abandonnée à Toi !
Je suis ravi de l’entendre dire, petite !

Une chose est sûre, la chute de l’anecdote n’est pas celle de saint Jérôme ! Ceux qui avaient parié sur « Offre-Moi tes péchés » en sont pour leurs frais...
Bien au contraire ! Ce merveilleux échange, insolite cœur à cœur baigné d’humour et de tendresse, entre Vassula et Dieu, est tout autre chose que ce qui était prévisible ! Inimaginable conversation intime !
Le "Tu as sûrement un petit quelque chose à Me donner !" est délicieux à tous égards, et l’on ne se lasse pas du "un petit quelque chose", car on y perçoit à la fois l’humour, la simplicité et la délicatesse du Christ qui S’avance en terrain conquis…
Intimité qu’avant de lire La Vraie Vie en Dieu, nous n’osions pas imaginer ! Et, à Son Ecole, cela nous apparaît : elle Lui parle comme à un Ami et Lui, Son Dieu enchanté, lui répond comme à une enfant ! Le plus touchant n’est-il pas ce petit passage qui a gardé quelque chose de mortifiant ?

Peut-être une belle peinture que je peindrais moi-même pour Te l’offrir !


Tes peintures, Vassula ? N’est-ce pas Moi qui t’ai accordé ce don de l’art ? Cela n’est-il pas aussi venu de Moi ?

C’est à sa manière propre que Jésus répond à Vassula, c’est-à-dire avec Sa douceur, sous une forme interrogative, au moyen d’une question rhétorique qui comporte déjà la réponse... Telle est bien la manière du divin Pédagogue, discrète et délicate.

N’est-ce pas Moi qui t’ai accordé ce don de l’art ? Cela n’est-il pas aussi venu de Moi ?

Il emploie un tour interrogatif qui adoucit l’âpre réponse, quand on peint avec talent et que l’on croit ne tout devoir qu’à soi-même ! Délicat euphémisme ! Est-ce afin d’atténuer la difficile vérité ?...
Imaginons quel effet aurait eu la réponse si Jésus avait emprunté la forme déclarative : Tes peintures, Vassula ? C’est Moi qui t’ai accordé ce don de l’art. Cela est aussi venu de Moi." Autant la phrase déclarative imposerait la vérité, sur un ton abrupt et péremptoire ; autant la phrase interro-négative suggère, avec humour, douceur et gentillesse, que Jésus S’étonne que Sa chère Vassula ne se soit pas déjà doutée de la réponse... Jésus ne le lui reproche pas ! Il lui suggère la réponse…
La petite nouvelle sur le don de l’art a de quoi ne pas faire plaisir... Pensez donc ! L’homme, cette bête orgueilleuse, n’a de cesse de se prévaloir des dons qu’il a reçus ! Et le voilà qui apprend qu’il n’est possesseur de rien ! Il faut le ménager, cet homme ! Rien ne lui appartient que sa volonté propre ! Rajoutons-en… Et c’est cela qu’il Lui offrira, s’il veut Lui offrir quelque chose ! Sa volonté ! Bigre !
La petite nouvelle méritait largement une phrase interro-négative !…

*


Concluons
Et ainsi défilent les premières cahiers de La Vraie Vie en Dieu et ainsi se consument les heures qu’on ne voit pas filer irréparablement, à lire cette oeuvre inimitable qu’on ne peut plus ne pas finir, dès lors que l’on a commencé à en tourner les pages... Ainsi nous brûle La Vraie Vie en Dieu. Combien parmi nous ont avoué en avoir fait l’expérience ! Les larmes aux yeux, on a pensé qu’un tel message était trop beau pour être véridique et que, bien qu’il fût véridique, il était trop beau pour être crédible et que bien qu’il fût et beau et crédible et parfaitement véridique, on n’oserait pas y croire ! "Toujours dans ton livre ! Mais qu’est-ce que tu lis ? Quoi ! La Vraie Vie en Dieu !"
l’interlocuteur(trice) inquiet(e) retourne le livre pour s’emparer de la quatrième de couverture, commence, sourcils froncés, la lecture du résumé, le front plissé ; nous redoutons sa réaction qui claque comme un coup de trique : "Tu ne crois tout de même pas à ces balivernes ? - Lis, tu verras, tu verras bien..." Espérons-le.

N’est-ce pas cette noblesse de langage qui passait déjà au travers des murs de l’abbé Lamy et dont le comte Biver, quoiqu’il ne pût saisir aucun mot, percevait les intonations qu’il qualifiait de "distinguées" ; n’est-ce pas cette noblesse de langage qui imprègne La Vraie Vie en Dieu ? Biver entendit la voix des anges qui s’entretenaient avec le père Lamy. Il leur trouvait à les entendre, même de loin et même à travers les cloisons, « une grâce inimitable ». Leur voix reflétait leur élégance, leur noblesse, leur majesté : à plus forte raison lorsqu’il s’agit du Christ dont il ne nous est pas donné d’écouter la Voix ; dont il nous est donné de lire les Paroles !
À Lourdes, lorsque la Vierge S’est adressée à sainte Bernadette, non pas à la manière d’une Maîtresse, mais en des termes d’une délicatesse majestueuse à l’égard de Sa jeune interlocutrice :


"Voulez-vous me faire la grâce de venir ici tous les jours ?"

la jeune fille a dit que la Dame lui avait parlé comme à une personne.

Les mots choisis par Dieu pour S’adresser à Vassula ont été pesés sur le trébuchet du lexique. Celui qui S’exprime dans La Vraie Vie en Dieu affirme Sa différence. Entre tous son langage est reconnaissable ! Il ne cultive pas l’originalité pour l’originalité, l’anticonformisme pour l’anticonformisme ; Il "résonne" dans le cœur de l’homme, afin qu’à défaut de la Voix que l’on n’entend pas, l’on en reconnaisse, au moins, les accents, la familière intonation et qu’on Lui réponde : "Oui, c’est Toi, Seigneur."
"Le style, c’est l’homme" disait déjà le célèbre naturaliste, Buffon, au XVIIIème siècle. Comment nos ecclésiastiques n’ont-ils pas été sensibles à la manière dont ces mots sont tissés ? Ceci reste un incompréhensible mystère (sur lequel nous n’avons pas l’intention de nous appesantir davantage) !
Mais supposer à Fleur un diabolique pouvoir de dissimulation et de tromperie mis au service de l’imposture que serait La Vraie Vie en Dieu c’est commettre une infamie. C’est accuser Dieu d’être le diable.

L’un des pièges, l’une des grandes erreurs qu’il nous faut à tout prix éviter, à nous qui aimons ce livre, erreur à laquelle pourrait nous conduire cette contemplation de l’écriture du Christ, consisterait à nous arrêter aux constructions élégantes et majestueuses des phrases, ainsi qu’au caractère somptueux des images... Ce ne sont, ne l’oublions pas, que des moyens techniques mis au service du réveil de la foi du pécheur assoupi que nous sommes tous. Si nous n’éprouvons à lire La Vraie Vie en Dieu, qu’un plaisir mondain et profane, il est fort à souhaiter que ce dernier ne soit que provisoire ; tôt ou tard, espérons que le plaisir se changera en interrogations aussi fondamentales qu’inévitables et décisives : qui a écrit cela ? Et au plaisir mondain ou profane, espérons qu’à travers ce texte effectivement sublime, non pas parce qu’il est bien écrit, mais parce que, s’il est bien écrit, c’est que Dieu en est l’Auteur, succédera la joie émerveillée d’avoir rencontré Celui Qui l’a soufflé à Vassula… Prions pour cela.
Je compte au moins sur le fait que bientôt les académiciens de Stockholm vont s’intéresser à Vassula ! Je lance un appel ! « Messieurs les académiciens, je vous en prie, décernez-lui le prix Nobel ! » Si elle avait écrit La Vraie Vie en Dieu,ne l’aurait-elle pas assez mérité, ce prix Nobel, pour toutes les raisons réunies dans ce livre par ses adversaires comme par ses défenseurs ? Et comme elle ne l’a pas écrit, à défaut de pouvoir le Lui remettre à Lui, Son Véritable Auteur, en témoignage de gratitude, d’hommage et d’admiration de la part de l’humanité envers son Créateur, ne serait-il pas plus judicieux de le lui remettre à elle, Sa secrétaire qui Lui fera la commission ?…
Mais La Vraie Vie en Dieu doit encore s’écrire, et tant que Vassula vivra, La Vraie Vie en Dieu s’écrira. Ne ratez pas l’occasion de récompenser - enfin - le Poète des poètes !
Nous demeurons, dans l’attente de ce jour béni, toujours é(mer)veillés…

Le Caire - Avril 2008 – Paris - Février 2009
 
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